La scandaleuse sortie de Bernard-Henri Lévy sur Zemmour et la judaïté

BHL nous avait habitué à son obsession identitaire. Il vient cependant de s’inscrire dans la lignée des auteurs antisémites du début du XXe siècle.
 La scandaleuse sortie de Bernard-Henri Lévy sur Zemmour et la judaïté

Ce « bloc-notes » de l’intellectuel de gauche dans l’hebdomadaire le Point du 14 octobre 2021 fera date. Les références, les tournures de phrases, le vocabulaire, l’esprit même de ce texte sont empreints d’une haine viscérale, presque existentielle, envers Éric Zemmour.

Au-delà des renvois classiques au fascisme, au nazisme, au racisme, au nationalisme, au populisme, à l’ultra-droite (on a droit à un véritable inventaire à la Prévert), BHL innove en accusant Zemmour de « piétiner le legs juif à la France », de « renoncer à la générosité, à la fragilité, à l’humanité et à l’étrangeté juives », de « profaner son nom et l’espérance juive » ou de mettre en péril la métaphysique humaine. Rien que ça. A lire ces lignes on pourrait croire que les pires dictateurs de l’histoire se sont réincarnés en la personne du quasi-candidat à la présidentielle 2022.

Qu’est ce qui explique un tel acharnement, un tel déchainement d’aigreur et de malveillance chez celui qui pourtant glorifie le nationalisme kurde ou bosniaque?

Pour Lévy un bon Juif doit être Juif avant d’être quoi que ce soit d’autre et quelles que soient les circonstances. Il doit donc rejeter l’assimilation. Il doit aussi et surtout être progressiste, humaniste, internationaliste, de gauche donc. Il doit être l’avant-garde, le phare de la théorie marxiste de la libération, le porte-parole des Damnés de la Terre de Frantz Fanon. Il doit soutenir l’immigration massive et incontrôlée de peuples arabo-musulmans et africains. Il doit appuyer les revendications extrêmes du féminisme radical et des lobbies homosexuels. Qu’importe qu’on ne retrouve rien de tout cela dans le judaïsme, ni originel ni actuel. Qu’importe que l’immense majorité des Juifs ne se reconnaisse pas dans cette définition. Le plus important est ce que pense cet individu auquel on a trop donné d’importance dans le paysage intellectuel français.

Éric Zemmour ne coche aucune de ces cases. Il se sent avant tout Français, membre de la communauté nationale avant d’être membre de sa communauté ethno-religieuse. Il est de droite, conservateur, antimarxiste, antiféministe, préoccupé par le destin du peuple français en priorité, opposé à l’immigration massive, favorable à la realpolitik au niveau diplomatique. Il ne fait pas du judaïsme l’un des principaux fondements de l’histoire de France. Pour lui « la France est avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne », pour citer la célèbre phrase du général de Gaulle. Le judaïsme est important car il a inspiré le christianisme et lui a fourni son corpus spirituel. Il y a de plus eu de grands Juifs dans l’histoire de France : des artistes, des scientifiques, des philosophes, des écrivains…  Néanmoins, la France reste « la fille ainée de l’Eglise ». Lévy estime que le judaïsme tient une place prépondérante et centrale dans l’identité nationale française. Zemmour, non.

BHL fait partie de cette génération de Juifs traumatisés par la Shoah, bien que nés après-guerre (soit dit en passant, Lévy comme Zemmour sont d’origine juive algérienne, bien que le deuxième soit né en France). Ce traumatisme s’est tellement enraciné en eux qu’il leur a fait perdre contact avec le réel. Le Blanc chrétien occidental et la civilisation qu’il a édifiée durant deux mille ans font pour eux figure de coupables éternels qu’il faut déconstruire, ou tout du moins dont il faut se tenir éloignés. Fort heureusement cette génération  ne va pas tarder à disparaître. La nouvelles génération est davantage préoccupée par sa survie, l’ancienne ayant complètement ignoré le nouveau péril islamiste.

Le seul tort d’Éric Zemmour est de vouloir briser le cercle de la haine et de la méfiance mutuelles et de vouloir réinsérer les Juifs dans la communauté nationale en tant qu’individus, non en tant que peuple (pour paraphraser le révolutionnaire Stanislas de Clermont-Tonnerre). Il veut donner une seconde chance à la coexistence apaisée des Juifs et des catholiques en France, tout en pointant le danger qui les menace en commun : l’Islam conquérant.

C’est en réalité BHL qui est le représentant de la haine, de l’aigreur et de la névrose maladive, tandis que Zemmour est porteur d’espoir, de réconciliation et d’avenir.

Nathaniel Garstecka

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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