L’obligation vaccinale des soignants ou la France honteuse

Mercredi 15 septembre 2021, voilà une date qui sonne et sonnera définitivement comme celle où la « République française » a été honteusement traînée dans la boue, salie par la faute d’un pouvoir inique et sans scrupule.
 L’obligation vaccinale des soignants ou la France honteuse

Ce jour, des dizaines, que dis-je, des centaines de milliers de soignants français (oui, oui, ces mêmes soignants glorifiés jadis) vont se retrouver avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Parce que non vaccinés, ils risquent d’être suspendus de leurs emplois, sans salaire, comme si tout à coup les héros d’hier devenaient les criminels de demain. Mais après tout, c’est la versatilité des hommes, adulant celui qui les sauve pour oublier bien vite la reconnaissance qu’ils lui doivent. Par le biais de son gouvernement, la France, ce pays qui n’a pas su faire face à l’épidémie de covid, parce que sous-doté en personnel médical, parce que sous-doté en lits, en médicaments, en matériel exige donc à partir d’aujourd’hui le départ de centaines de milliers de bras, de compétences, d’expériences, d’individus qui après avoir passé un an et demi sur la brèche vont être jetés à la porte comme des malpropres. Bien évidemment, ils vont l’être avec l’assentiment majoritaire de ceux qui, voici un an et demi, avec la pire des hypocrisies, applaudissaient ces mêmes soignants, leur portaient des repas, leur offraient des tours de montgolfières ou des randonnées à la montagne. Quelle fourberie ! C’est typique de cette époque vulgaire où un chèque-cadeau, un repas au restaurant ou une place de cinéma a plus de valeur que les droits fondamentaux et peut, aux yeux de la lie de notre société, s’échanger sans problème contre les libertés que la nation française garantit à tous ses citoyens. « Voyons les soignants, on vous a applaudi, on vous a offert des repas de chefs étoilés, des journées découvertes et des primes (aléatoires !), ça vaut bien à présent que vous renonciez à vos libertés, et en particulier à celle de décider ce que vous estimez légitime de vous faire injecter dans le corps ! » C’est là ce que disent certains Français en applaudissant des deux mains la décision scandaleuse et éminemment dégoûtante du gouvernement Macron d’instaurer pour les soignants (et tant d’autres professionnels qu’il ne faut pas oublier) la vaccination obligatoire.

Cette vaccination obligatoire, dont on nous rabâche qu’elle existe pour d’autres vaccins (ce qui n'est pas plus acceptable au demeurant !), est une honte et un coup de poignard. C’est une honte pour la France d’abord, une énième dirons-nous. Après le pass sanitaire qui instaure la ségrégation entre Français sur l’ensemble du territoire, voilà donc cette vaccination obligatoire qui bafoue deux libertés fondamentales et essentielles dans une société de droits : celle de penser et celle de disposer librement de son corps. Les esprits et les corps n’appartiennent pas à la collectivité dans un pays de droits, comment donc un gouvernement peut-il vouloir se les arroger avec l’approbation de conseils séniles et croulants oublieux de leurs missions et d’assemblées législatives à la solde de l’exécutif ? C’est une tache indélébile sur les valeurs qui sont celles de la France et sur son héritage dont les gouvernants ne sont pas les fossoyeurs mais les garants ; du moins est-ce théoriquement ainsi lorsque l’hubris de ces mêmes gouvernants ne les pousse pas vers la tentation du totalitarisme.

C’est une honte pour la France, c’est également un coup de poignard dans l’éthique médicale. Celle-ci implique le consentement libre et éclairé du patient à l’acte médical. Où est-il ce consentement, aujourd’hui, pris entre l’obligation vaccinale qui pèse sur les uns et les mesures coercitives pour forcer à la vaccination qui s’exercent sur les autres ? Qu’un pouvoir politique bafoue l’éthique médicale, cela peut encore se comprendre, que des médecins, des soignants plus largement soient complices de ce viol de leurs serments et de leurs engagements relève de la trahison. C’est une trahison à l’égard des patients, à l’égard de leur discipline, et bien entendu, par cette attitude, ils rompent des siècles d’une confiance que la médecine a durement gagnée. Il n’est pas si lointain le temps où le médecin était un charlatan, un escroc, un synonyme de parasite de la société que l’on ne voyait pas dans les histoires héroïques mais dans les comédies satiriques. Si le médecin a su s’extraire de cette image négative, c’est en gagnant en conscience professionnelle, en sérieux, en respect d’une éthique qui, dès lors qu’il s’en affranchit, le renvoie dans les tréfonds de la médiocrité.

2021, voici une année qui va marquer un recul sensible de la confiance des citoyens français à l’égard de la médecine et de ses praticiens, et l’on peut déjà acter que c’est la victoire des médecines alternatives et des antivax. Combien de provax ont été dégoutés par les méthodes soviétiques (j’ose dire staliniennes) des pouvoirs politiques, médiatiques et médicaux pour vendre leurs produits miracles ? Combien se sont fait vacciner contre leur gré et conserveront durablement la défiance des vaccins et refuseront jusqu'aux vaccins classiques à l’avenir ? Je peux déjà affirmer que le nombre est grand, et je suis de ces provax que ces méthodes détestables ont rendus plus que défiants vis-à-vis des vaccins. Refuser quelque chose pour son corps, même si c’est pour notre bien, est un droit non négociable, et de fait, les mesures enfreignant ce droit sont à combattre par tous les moyens possibles.

Réitérons donc notre soutien total et absolu aux soignants, à ceux qui ont librement décidé de se faire vacciner, mais respectent ceux qui ont décidé le contraire, à ceux qui se sont fait vacciner contre leur volonté et ceux qui ne le sont toujours pas. Ces derniers surtout, qui ont refusé le chantage infect du pouvoir, doivent avoir toute notre admiration. Notre soutien aux soignants doit être total, mais il convient néanmoins d’exclure tous ceux qui ont vendu leur éthique, tous ceux qui bafouent la médecine et se font complices d’un pouvoir politique vérolé. D’ailleurs, à l’image du sénateur et médecin Claude Malhuret, le « fou de l’Allier fou à lier », médecine et politique sont parfois les deux faces tristes d’une même médaille.

 

Alexandre Page, docteur en histoire de l’art, écrivain.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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