Le marxisme : la pseudoscience la plus criminelle de l'Histoire

« Il faut aider les Français à quitter la vision dominante d’inspiration marxiste selon laquelle les citoyens seraient membres de classes antagonistes qui lutteraient pour le partage des richesses, alors qu’en réalité c’est l’État qui avive ces antagonismes en permettant aux citoyens de s’enrichir non pas par leurs propres efforts de création, mais par leurs efforts pour faire jouer le pouvoir de contrainte de l’État à leur profit. » Pascal Salin, Français, n’ayez pas peur du libéralisme, Odile Jacob, 2007
 Le marxisme : la pseudoscience la plus criminelle de l'Histoire

Extraits du chapitre "Le ver est dans le fruit", de Paul -Eric Blanrue, Sécession, l'art de désobéir (Fiat Lux, 2018), consacré au marxisme et à ses séides.

 

En sus du rousseauisme et de l’hégélianisme, une idéologie a contribué plus que toute autre à l’ingérence de l’État dans le domaine individuel : le marxisme. Avec la Révolution française, le marxisme est la grande catastrophe des deux derniers siècles. C’est la tyrannie par excellence. Dans Divini redemptoris (1937), le pape Pie XI définit le communisme comme « intrinsèquement pervers ». Difficile de mieux dire. C’est en menant une analyse impitoyable de l’application du marxisme au XXe siècle que le Britannique George Orwell a eu l’idée d’écrire son opus magnum1984. Il est beaucoup cité sans que ce détail soit rappelé. Ce ne serait pas « correct ».

On aurait pu penser qu’il était temps d’en rester là et d’essayer d’autres systèmes, depuis la dissolution de l’Union soviétique en 1991, le témoignage sur les goulags et la répression politique des dissidents dont l’illustre Alexandre Soljenitsyne, et la publication d’un ouvrage universitaire qui fit grand bruit, Le Livre noir du communisme (sous la dir. de Stéphane Courtois, Robert Laffont, 1997), où il est démontré que cette idéologie a entraîné la mort d’environ 100 millions de personnes. Point du tout ! Le marxisme est aujourd’hui en plein revival.

En France, Alain Badiou, Thomas Piketty, Étienne Balibar, Le Monde diplomatique, France Culture, Médiapart, Usul, les « insoumis » Jean-Luc Mélenchon et Alexis Corbière - tous deux anciens trotskistes de tendance lambertiste - n’ont de cesse d’y faire référence comme s’il ne s’était rien passé au XXe siècle. « L’Holodomor », la famine intentionnelle déclenchée en Ukraine par le pouvoir soviétique entre 1932 et 1933, avec ses cinq millions de victimes ? C’est un génocide que ces humanistes-là ne connaissent pas. Et s’ils en ont une vague idée, elle ne les empêche guère de dormir et ils n’en tirent aucune conclusion. Staline ne disait-il pas que « pour ne pas se tromper en politique, il faut regarder en avant et non en arrière » (Staline, Textes, tome 2, Éditions sociales, 1983) ? Avançons, que diable ! La lutte des classes comme moteur de l’histoire demeure un slogan qui permet aux syndicats extrémistes, arc-boutés sur la défense de privilèges indéfendables, de faire pression pour obtenir par la rue des avantages que les urnes leur ont refusés, en défilant entre Bastille et Nation, drapeaux rouges à marteau et faucille au vent.

Marx, le retour ! Dans le New York Times du 30 avril 2018, Jason Baker, professeur de philosophie, donne une tribune : « Bon anniversaire Karl Marx ! Vous aviez raison ! » Vous ne rêvez pas. Deux cents ans après la naissance de Marx, le président de la Commission européenne, le nomenklaturiste Jean-Claude Juncker, soi-disant libéral, n’est pas gêné de fêter ce bicentenaire en inaugurant une statue géante (5,5 m) du doctrinaire offerte par la Chine à Trèves, la ville natale de philosophe. Il y déclare que « la philosophie de Marx a enseigné aux Européens que l'objectif de notre temps était de développer les droits sociaux. » D’après lui, l’auteur du Manifeste du Parti communiste n’est en rien responsable des crimes commis en son nom : « Karl Marx ne devrait pas être jugé pour les crimes que ses soi-disant héritiers ont commis des dizaines d'années après sa mort. »

Lénine, Staline, Mao, Pol Pot, Fidel Castro, Enver Hoxha, Maduro, Kim Jong Un l’auraient mal compris ! Tous les marxistes du monde entier aussi, par la même occasion. Tous des ignares, tous des analphabètes ? Durant plus de soixante-dix ans ? Marx était-il si peu clair, si abscons, obscur et impénétrable que l’on puisse se méprendre à ce point sur ses intentions ? À d’autres.

Il faut avoir un infernal aplomb pour dégoupiller une telle contrevérité, surtout lorsqu’on fait profession d’être un intellectuel. Tout se trouve déjà dans son œuvre. À commencer par le concept de dictature.

C’est annoncé dès le Manifeste du Parti communiste de Marx et Engels en 1848 : « Le prolétariat utilisera sa domination politique pour arracher peu à peu tout le capital à la bourgeoisie, pour centraliser tous les instruments de production entre les mains de l’État ». Ailleurs, dans ce même opuscule : les mesures préconisées demanderont « une violation despotique des droits de propriété et des rapports de production bourgeoise ». Vous avez dit « despotique » ? (v. André Senik, Le Manifeste du parti communiste aux yeux de l’histoire. Première édition résolument critique du Manifeste du parti communiste, Pierre-Guillaume de Roux, 2015).

Collectivistes immodérés, antilibéraux forcenés, Marx et Engels consacrent plusieurs chapitres de L’Idéologie allemande, rédigés vers 1845-1846, à attaquer le « petit bourgeois » Max Stirner, l’un des plus brillants représentants du courant individualiste de leur époque. Oh, certes, Marx assigne à la révolution prolétarienne « la tâche de briser la machine de l’État ». Seulement, comme « période de transition pour arriver à l’abolition des différences de classe en général », il faut instaurer « une dictature de classe » ! Voilà tout.

Son mécène Friedrich Engels développe sa pensée en s’en prenant avec sa virulence coutumière aux antiautoritaires, meilleurs alliés, selon lui, des réactionnaires : « Ces messieurs ont-ils jamais vu une révolution ? Une révolution est à coup sûr la chose la plus autoritaire qui soit. C’est un acte par lequel une partie de la population impose à l’autre partie sa volonté à coups de fusils, de baïonnettes et de canons, moyens autoritaires s’il en fût. Force est au parti vainqueur de maintenir sa domination par la crainte que les armes inspirent aux réactionnaires » (Neue Zeit, « A propos de l’autorité », 1873).

Lénine s’en tint à cette conception du pouvoir : « Il est nécessaire d’utiliser provisoirement les instruments et les procédés du pouvoir d’État contre les exploiteurs, de même que, pour supprimer les classes, il est indispensable d’établir la dictature provisoire de la classe opprimée (…) Le prolétariat doit démolir le vieil appareil d’État et le remplacer par un nouveau » (L’État et la Révolution, 1917).

Marx reléguait la destruction de l’État dans un futur indiscernable. Lénine et Staline firent de même. Dans l’immédiat, Marx prônait la fondation d’un État populaire, expression de l’érection des prolétaires en classe dominante. Bienvenue dans la dictature du prolétariat ! Cet État, prétendument temporaire, aurait pour mission d’éduquer le peuple et le conduire à un niveau de conscience politique qui ferait qu’un beau jour, comme par magie - l’État aurait disparu ! Comment ? Le foisonnant barbu ne l’a jamais précisé. Malin !

Le libertaire russe Mikhaïl Bakounine lui rétorqua que si l’État, après la révolution socialiste, était réellement aussi populaire qu’il le disait, quel besoin y aurait-il de le supprimer ? « Ainsi donc, ajoutait-il, pour affranchir les masses populaires, on devrait commencer par les asservir (…) Nous répondrons qu’aucune dictature  ne peut avoir d’autre fin que de durer le plus longtemps possible (…) La liberté ne peut être créée que par la liberté » (Étatisme et anarchie, 1873). C’était bien réfléchi. Il est bon de se méfier de ceux qui promettent de raser gratis – demain.

Dans le même ouvrage, écrit dix ans avant la mort de Marx, le théoricien anarchiste précisait : « Je déteste le communisme, parce qu'il est la négation de la liberté et que je ne puis concevoir rien d'humain sans liberté. Je ne suis point communiste parce que le communisme concentre et fait absorber toutes les puissances de la société dans l'État, parce qu'il aboutit nécessairement à la centralisation de la propriété entre les mains de l'État, tandis que moi je veux l'abolition de l'État ».

On ne peut pas alléguer que les premiers marxistes n’étaient pas au courant des « petits défauts » de leur système qu’Engels avait pompeusement baptisé du nom de « socialisme scientifique » !

Comme l’histoire l’a démontré, Bakounine avait visé juste. Le marxisme est à la science ce que l’astrologie est à l’astronomie. Le théoricien marxiste Georges Politzer est bouffon lorsqu’il soutient l’idée que « quand on affirme qu’une société socialiste ou communiste n’est pas viable parce que l’homme est égoïste, on oublie que si la société change, l’homme changera aussi » (Principes élémentaires de philosophie, Éditions sociales, 1970). L’homme changera sans doute, mais comment, dans quel sens ? Il s’ouvrira aux autres en repeignant les murs de sa maison en rose et les volets en vert pâle, ou il résistera à l’emprise totalitaire en faisant des bras d’honneur dans le dos de la police étatique ? L’expérience a été réalisée grandeur nature, on a vu comment « l’homme changeant » s’est comporté.

L’un des considérables problèmes du marxisme c’est qu’il a mis en branle, dès ses débuts, une énorme machinerie destinée à tout broyer sur son passage, au profit d’un devenir utopique dont nul ne savait rien, ni comment il devait advenir, ni quand, ni quel aspect il prendrait. C’était un messianisme pur, une eschatologie camouflant sa théologie dévastatrice, un mouvement égalitaire fanatique sacrifiant le présent au fantasme du lendemain. On n’était sûr que d’une chose : la dictature était indispensable à l’éclosion du communisme du futur !

Cette dictature, on la voit à l’œuvre aujourd’hui, en Chine, en Corée du Nord, au Venezuela, à Cuba, ailleurs encore. Chez nous, elle est plus feutrée depuis les désastres de la politique menée en 1981, que l’économiste Pascal Salin qualifie de « grande et terrible cassure » (Pascal Salin, Français, n’ayez pas peur du libéralisme, Odile Jacob, 2007). Le socialisme mitterrandien a réussi, en faisant décoller les impôts, en procédant à des nationalisations, en accroissant les réglementations, à créer un million de chômeurs supplémentaires en cinq ans ! Mais nos élites actuelles vomies par l’ENA et Polytechnique s’en réclament encore peu ou prou. Avec des dépenses publiques à 57 % du PIB, des prélèvements obligatoires à 45 % et cinq millions de fonctionnaires qui gagnent en moyenne 10% de plus que les salariés du privé, la France est près d’être le dernier pays communiste au monde. À la présidentielle française de 2017, sur onze candidats, au moins dix étaient étatistes et quatre marxistes !

Cette attraction de Marx pour l’État était somme toute bien naturelle, car, comme le formulait le philosophe marxien Henri Lefebvre : « Hegel, pour Marx, c’est le Père immortel. C’est le Patron qui détient le capital intellectuel » (La Fin de l’histoire, Anthropos, 2001). Tout s’explique.

Le même Lefebvre écrivit dans ses mémoires, La Somme et le reste (tome II, La Nef de Paris, 1959) : « J’en viens à me demander s’il ne faut pas simplement affirmer que le dogmatisme marxiste ne mérite pas une ombre de discussion, de considération et de respect ; il ne s’effondre même pas, parce qu’il n’existe pas, philosophiquement parlant, et que ses représentants ne sont pas des penseurs mais de simples spécialistes des ‘opérations’ sur le plan idéologique qui supposent derrière elles le pouvoir ».

Il savait de quoi il parlait. Pour se moquer du jdanovisme qui avait défini un art soviétique politiquement correct, Lefebvre avait inventé de toutes pièces une citation de Marx sur l’art qu’il avait placée en épigraphe de l’un de ses livres (« L’art est la plus haute joie que l’homme se donne à lui-même »), et, jusqu’à son aveu tardif, nul « spécialiste de la spécialité » ne s’aperçut de la supercherie !

La démarche de Louis Althusser fut quelque peu semblable à la sienne, en moins honnête toutefois, puisqu’après avoir étranglé son épouse Hélène et avant son suicide, dans son ultime livre, L’Avenir dure longtemps (Stock/Imec, 1992), il  confessa n’avoir guère lu Marx avant d’écrire sur lui et en avoir livré par la suite une interprétation libre, consistant à supprimer des pans entiers de sa doctrine les éléments qui lui déplaisaient, comme la dialectique et le matérialisme. Misère de la charlatanerie d’un cuistre…

*

Marx s'est trompé sur toute la ligne et a fait un maximum de dégâts dans d'excellentes cervelles. L’une de ses innombrables erreurs a été de régler les paramètres de sa boule de cristal sur la seule et unique Révolution française, promue étalon de l’histoire, alors que le processus qui l’a caractérisée (émergence de la bourgeoisie prenant la place de la noblesse) n’a pas eu lieu ailleurs, comme en Angleterre avec la « Glorieuse Révolution » (1688-1689) ou lors de la Révolution américaine (1765-1783), où c’est la liberté individuelle qui triompha, ainsi que le respect de la propriété privée. Il n’y a oncques eu de nécessité historique déterminant le prolétariat à s’emparer du pouvoir à la suite de la bourgeoisie, pas davantage que n’a été découverte une loi scientifique démontrant que la propriété collective des moyens de production devait succéder à la propriété privée. Le sens de l’histoire selon Marx c’est la méthode Coué.

Il est vrai que Marx croyait que, grâce un saut qualitatif, la société allait revenir, à une situation comparable - bien qu’à un degré supérieur en raison du niveau technologique atteint - à ce que cet inventif penseur obtus avait imaginé être les débuts de l’humanité, à savoir le communisme primitif. Retour à la case départ ! Nul préhistorien, bien sûr, ne croit plus aujourd’hui en cette fadaise ancestrale. La propriété existait au néolithique. De saut dialectique, il n’y eut point non plus. Il n’y eut ni communisme primitif, ni communisme supérieur, donc, mais un siècle de malheurs pour une grande partie du monde empuanti par les remugles du marxisme.

La prédiction pacorabanesque de l’extralucide de Trèves concernant le lieu où la fabuleuse révolution socialiste, première étape vers le communisme et la fin de l’histoire, devait avoir lieu s’est révélée fausse. Elle ne s’est pas déroulée en Angleterre, ainsi qu’il l'avait pronostiqué en observant les astres ou en fumant sa boîte de cigares quotidienne, mais dans les pays en voie de développement et, d’abord, chez ceux qui entamaient avec retard leur révolution industrielle, comme la Russie, en 1917.

Un autre pilier de sa doctrine était la théorie de la « valeur travail », empruntée à Adam Smith et David Ricardo. Hélas pour lui, ces deux économistes libéraux avaient commis une grosse bourde. Dès 1803, dans son Traité d’économie politique, Jean-Baptiste Say signala l’erreur. N’importe, Marx les copia-colla et selon sa doctrine, la valeur (d'échange) d’une marchandise est la quantité de travail qui s’y trouve incorporée. Comment le capitaliste fait-il son profit ? Enfantin. En faisant travailler l'ouvrier le plus possible et en le payant le moins possible, juste ce qu’il lui faut pour subsister. La durée du travail de l'ouvrier doit par conséquent être supérieure à la quantité de travail nécessaire à la reproduction de sa force de travail. Le reste constitue la « plus-value », fruit du travail du salarié, récupéré par l’employeur. Ce processus fournit la preuve de « l'exploitation de l'homme par l'homme », puisque le capitaliste est supposé voler aux travailleurs une partie de la valeur de leur travail. « La plus-value, c’est-à-dire cette partie de la valeur totale de la marchandise où est incorporé le surtravail, le travail impayé de l’ouvrier, voilà ce que j’appelle le Profit » (Karl Marx,  Salaires, prix et profits, 1865).

Le raisonnement est fruste, mais l’idée se comprend dare-dare. Pour qu’elle prenne place dans un coin du cerveau, il n’est pas requis de faire fonctionner à plein régime ses petites cellules grises.

Seulement cette théorie est controuvée de bout en bout. De nombreux économistes ont démontré, par des exemples simples, à quel point Marx s’était égaré. De la sorte, si je barbouille durant dix ans une croûte infâme, elle ne vaudra pas le prix du pinceau ni de la gouache qu’il m’a fallu pour la réaliser, mais si un nouveau Titien peint un chef-d’œuvre en une demi-heure chrono, son tableau vaudra cent mille fois plus cher que mon répugnant gribouillage. Ce ne sont pas ma dose ou mon temps de travail intégrés dans mon barbouillis qui feront la valeur de ma marchandise. Dans ses Harmonies économiques (1850) Frédéric Bastiat remet l’église au milieu du village : « La prétendue Valeur des choses n’est que la valeur des services, réels ou imaginaires, reçus et rendus à leur occasion ; (…) elle n’est pas dans les choses mêmes, pas plus dans le pain que dans le diamant, ou dans l’eau ou dans l’air ; (…) aucune part de leur rémunération ne va à la nature ». La valeur c'est l’utilité, le désir qu’une chose suscite, sa rareté, le coût de production, bien sûr -  et surtout la valeur du service subjectif rendu, de quelque nature soit-il, aussi immatériel soit-il, entre les contractants, au terme d’un libre débat. Cette valeur ne se connaît qu'au moment de l'échange, et non dans les bureaux des technocrates planificateurs malgré tous les ordinateurs du monde.  C’est le rapport de deux services échangés et leur appréciation.

Toutes les autres pseudo-lois de l'imposteur Marx se sont révélées inexactes. La « baisse tendancielle du taux de profit » devait condamner le capitalisme à une mort imminente. Le capitaliste tirerait en effet son profit du travail du prolétaire puisque le salaire qu’il lui verse serait, disait-il, plus faible que la valeur résultant de son travail. Du fait de la concurrence, les bourgeois allaient tendre à faire baisser la part du travail salarié par rapport aux machines, d’où une baisse des profits, car lesdites machines ne produisent pas de valeur. Las, les travaux de l’économiste Nicholas Kaldor ont démontré que le taux de profit est demeuré stable aux XIXe et XXe siècles. Quant aux gains de productivité dus au progrès technique, ils n'ont pas bénéficié qu'aux patrons mais aussi et surtout aux salariés !

Il en va de même de « la loi de paupérisation générale ». Marx pariait sur un appauvrissement constant du prolétariat. On a tout au contraire assisté à la formation d'une immense classe moyenne. Rien que du vivant de Marx, le salaire des ouvriers avait doublé, mais il ne s’en était pas aperçu !

Inutile de développer ses autres lois fumeuses, comme celle des « crises de surproduction » (notre monde se trouve au contraire dans le besoin permanent) ou la « loi de concentration » : tout est de la même eau.

Le côté le plus exécrable de l’édifice branlant de Marx est sa théorie de la connaissance. Il estimait, sans la moindre preuve scientifique à l’appui, que « la conscience est un produit social », que « ce n’est pas la conscience qui détermine la vie mais la vie qui détermine la conscience » et que « l'essence de l'homme est l'ensemble des rapports sociaux » (v. L’Idéologie allemande et Thèses sur Feuerbach). C’est bien ce que Martin Heidegger lui reprochait : disposer l’économie avant l’homme, faire dépendre la superstructure (les idées, les opinions) de l’infrastructure (le mode de production), comme si l’économie ne nécessitait pas d’abord l’existence d’un homme pour fonctionner.

Pour Marx, il n’existe pas de nature humaine. Les droits naturels sont une invention bourgeoise créée au bénéfice exclusif des bourgeois. Pour cet aruspice, les hommes ne sont que le produit de la société. Quand ils s’y intègrent, ils perdent leurs spécificités. Il suffit que la société se transforme pour que les hommes se transforment. Les êtres humains sont en pâtes à sel. On en voit aujourd’hui le résultat avec l’idéologie du gender, qui carillonne que les hommes et les femmes ne sont que des constructions sociales ; avec l’organisation du métissage forcé sous le fallacieux prétexte que les races n’existent pas ; avec l’idéologie égalitariste de la tabula rasa, qui nie, par exemple, l’existence des enfants « surdoués » (un philosophe marxiste français, Lucien Sève, a passé sa vie à réfuter leur existence, alors que le fait est bel et bien établi et analysé par les scientifiques contemporains).

 

(…)

Pour finir, une citation de Fidel, tirée du livre de conversations qu'il avait eues avec Ignacio Ramonet (Fidel Castro, biographie à deux voix, Fayard, 2007). On y sent Fidel avoir conscience de la faiblesse du dogmatisme qui s’est infiltré depuis longtemps dans son camp : « Georges Marchais, déclare-t-il, venait fréquemment à Cuba. Presque tous les ans, il passait ses vacances ici avec sa femme, Liliane, et ses enfants... Un jour, j'ai demandé à Marchais : "Que pensez-vous faire quand vous accéderez au pouvoir ? " Il m'a répondu ; "Nous allons nationaliser toute une série de banques et de grandes entreprises." "Attention !, l'ai-je averti. N'allez surtout pas nationaliser l'agriculture. Laissez les petits producteurs en paix. N'y touchez surtout pas. Sinon vous pourrez dire adieu au bon vin, aux délicieux fromages et à votre excellent foie gras". »

Paul -Eric Blanrue

 

 

 

 

 

 

 

 


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