Zemmour : une campagne portée par son livre ?

Analyse de la future campagne présidentielle et des chances d'Eric Zemmour, mais aussi de Marine Le Pen, de gagner les élections présidentielles de 2022, face à un Macron contrôlant tous les médias qui maintiennent les Français dans un état de domestication profond.
 Zemmour : une campagne portée par son livre ?

Au regard de ces dernières déclarations, il semble désormais acquis qu’Éric Zemmour se présente à l’élection présidentielle de 2022. Le contraire flinguerait sa carrière, son œuvre et sa postérité. En effet les médias en profiteraient pour se gausser de lui et en faire un petits bras au verbe haut, mais dont les idées sont inapplicables. Lui-même ne pourrait plus faire face à un politique sans que ce dernier ne lui crache à la figure qu’il est dans les idées évanescentes et eux dans le concret, sur le terrain, face à la réalité. Ce serait une catastrophe pour lui, mais aussi pour tout le camp conservateur. Aussi, si vous le voulez bien, considérons comme acquise la candidature du plus célèbre polémiste de France de ce début de XXIème siècle. Dans ce cadre comment cet écrivain populaire, qui, in fine, doit son succès à ses livres pourrait-il mieux lancer et porter sa campagne que par un livre ?

Le premier indice est le titre de son dernier ouvrage, sortant ce 16 septembre, qui claque comme une Marseillaise au milieux d’un champ de bataille : « La France n'a pas dit son dernier mot ». Deuxième plus concret : l’abandon par la maison d'édition Albin Michel de sa poule aux œufs d’or. Il parait totalement farfelu qu'Albin Michel ait refusé d'éditer le livre de M. Zemmour, l'un de ses auteurs les plus rentables, dont la notoriété ne cesse de grandir et qui grace à ses aspirations présidentielles est quasiment assuré de faire un carton. Sauf à ce que ce livre soit une révélation. Mettez-vous à la place d’un progressiste qui a entre les mains un livre dont la maestria est telle qu’il pourrait permettre à Éric Zemmour et ses idées d’accéder au pouvoir. Que feriez-vous à sa place ?

Deuxième indice l’interview du célèbre éditorialiste sur le site d’actualité littéraire : ActuaLitté.com.  On y apprend, d’abord, qu’il est devenu son propre éditeur, qu’en deux mois, contraint et forcé par l’abandon d’Albin Michel, il a monté une maison d’édition,  pour se faire, a passé un temps fou à comprendre les rouages, les implications de mondes avec lesquels il n’était pas familier : l’entreprise, la fabrication, l’impression et la diffusion de livres. Pourquoi une telle précipitation ? Il eut suffi de chercher une nouvelle maison d’édition et de sortir le livre en novembre. De plus s’il est candidat pourquoi perdre ainsi deux mois de travail au lieu de préparer sa campagne ? Sauf à ce que ce livre soit un élément clef de sa campagne, dans ce cas il doit absolument sortir en septembre qui est le mois où si un candidat à la présidentielle veut être pris au sérieux, doit démontrer qu’il est prêt.

Deuxième information importante, le livre a été tiré à 200 000 exemplaires et déjà 150 000 ont été placés, ce qui est phénoménal. Et les précommandes sur Amazon seraient très élevées. Si les 200 000 exemplaires sont vendus rapidement, il n’est pas impossible qu’il réitère, voire dépasse le succès de son essai « Le Suicide français », vendu à plus de 500 000 exemplaires en 2014. Dans ce cas entre les prêts et les « pdf sous le manteau » pas loin de 2 millions de Français liraient ce livre. Ce serait la plus belle des entrées en campagne de tous les temps, mais sera-ce suffisant ?

Tout Landerneau progressiste aura la bave aux lèvres, dans un premier temps cela aidera aux ventes, mais ne fera qu’enfermer chaque camp dans ses certitudes. Il ne faut pas se tromper, si M. Zemmour a une grande notoriété, à cause de la propagande des médias contre lui, une très grande majorité des Français lui voue une haine sans faille et sans même savoir réellement pourquoi.  Nous aurons un ouragan médiatique qui fera d’Eric Zemmour un quasi-violeur de femmes, vivant somptueusement grâce à « son petit commerce de la haine » et étant la marionnette d’un milliardaire « ultra-catho tradi ». Aussi vous comprendrez que vu l’état de domestication du peuple français, arriver au second tour sera herculéen.

Tout cela pourrait jouer en faveur de Marine Le Pen, les médias faisant d’Eric Zemmour le nouveau Hitler positionneront mécaniquement la dirigeante du RN plus à gauche de lui et contribuera à sa dédiabolisation. Mais se faisant elle perdra son aura de « rebelle au système » et il lui sera alors impossible de gagner au second tour, comme on l’a vu aux régionales. Si M. Zemmour ne se présente pas c’est Mme Le Pen alors qui servira à nouveau d’épouvantail et ne pourra pas non plus gagner le second tour. Aussi, dans la configuration actuelle, quelque soit le coup joué Macron (ou un de ses clones) gagne.

La clef c’est d’arriver à contourner les médias écrits et télévisuels qui maintiennent les Français dans une domestication des plus profondes pour s’adresser et convaincre les abstentionnistes et/ou la « France périphérique » qui peuvent faire basculer l’élection. Un livre ne suffira pas. Il faut comme je l’expliquais dans un précédent édito (Battre les Progressistes: le programme) un programme économique de transfert ultra-massif des financements publics de l’ « écosystème progressiste» à la France périphérique. Et aussi imiter la campagne d’inbound marketing de Trump qui permet de profiter au maximum du peu d’espace (et exclusivement négatif) qu’offre les médias mainstream pour attirer les électeurs potentiels sur internet et les convertir via des processus automatiques. Sauf miracle, M. Zemmour ou Mme Le Pen ne peuvent gagner selon les règles édictées, contrôlées et manipulées par leurs adversaires, il faut un changement de paradigme et rapidement.


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