Comprendre la foi catholique [chronique de l'abbé Mateusz Markiewicz]: né du Père avant tous les siècles

Dans notre profession de foi, la procession du Fils est décrite avec des images. Elles sont employées pour palier aux limites de la raison humaine, incapable de comprendre les mystères divins surnaturels. Le premier de ces blocages concerne notre temporalité, qui nous empêche de saisir ce qu’est l’éternité. Le credo essaye d’y remédier en disant que le Fils est engendré par le Père, avant tous les siècles. Et c’est là que commencent nos difficultés.
 Comprendre la foi catholique [chronique de l'abbé Mateusz Markiewicz]: né du Père avant tous les siècles

En effet, pour nous, l’engendrement est une action dans le temps, d’une certaine continuité, avec un avant et un après. Dire que le Fils est engendré avant tous les siècles veut dire que le Père a son Fils avant même que l’on puisse parler du temps quelconque. L’engendrement du Fils de Dieu n’a pas eu lieu dans le temps, sinon, Il ne serait pas Dieu, car Il ne serait pas éternel. Donc même si l’image de la génération ne peut pas s’appliquer à cette procession de façon intégrale et totale, elle est cependant juste, car l’essentiel de l’image est sauvegarde, l’aspect temporel étant en effet secondaire. On ne peut engendrer que quelqu’un de la même nature que nous : les humains donnent la vie aux autres humains, les chiens aux chiens etc. Ce terme de génération a donc été choisi pour signifier cette identité de nature entre le Père et le Fils, une identité qui est bien plus forte que dans le cas de la génération d’un être humain, mais on y reviendra.

Puisque les auteurs de la profession de foi étaient conscients de limites de notre langage humain, ils ont ajouté de précisions à cette image de génération : « Dieu de Dieu, lumière de lumière, Dieu vrai du Dieu vrai ». On voit tout d’abord l’instance faite sur la génération divine, dont la vérité est soulignée. Quant à l’image de lumière, elle fait appel non seulement à l’attribution de ce nom au Fils de Dieu, comme en J 1, 9 : « Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde. »  Elle explique aussi la génération divine par un phénomène que nous observons : la source de la lumière émane sa luminosité sans pour autant la perdre. C’est comme du feu, il se communique sans diminuer. Comme la lumière est d’une nature tout à fait extraordinaire, car on a l’impression qu’elle n’est pas matérielle, son mode de communication a été celui que les Pères de l’Église ont considéré comme le plus juste et le plus proche des réalités divines. Mais pour qu’il n’y ait aucun doute, ils ont ajouté aussi cette affirmation-exclusion : « engendré et non fait ». La procession du Fils de Dieu ne peut être comparée à rien de fabriqué, car il s’agit de la communication de la même nature divine.

La dernière affirmation du credo au sujet de l’origine du Fils de Dieu mérite un article à part, d’autant plus que pendant de nombreuses années, dans la liturgie en français, c’est une mauvaise traduction, favorisant une interprétation hérétique, qui était en usage. Mais de cela, je vous entretiendrai la prochaine fois.

Chroniques de l'abbé Mateusz Markiewicz, prêtre catholique, membre de l'Institut du Bon Pasteur.

Retrouvez la chronique n°1: "Je crois" en cliquant ici

Retrouvez la chronique n°2: "Le Symbole des Apôtres" en cliquant ici

Retrouver la chronique n°3: "Un seul Dieu"en cliquant ici

Retrouvez la chronique n°4: "Unicité et perfection de Dieu" en cliquant ici

Retrouvez la chronique n°5: "Dieu peut tout faire, mais..." en cliquant ici

Retrouvez la chronique n°6: "Dieu le Père" en cliquant ici

Retrouvez la chronique n°7: "Créateur du ciel et la terre" en cliquant ici

Retrouvez la chronique n°8: "Un seul Seigneur, Jesus Christ" en cliquant ici

 

 

 

 

 

 

 

 


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