Comprendre la foi catholique [chronique de l'abbé Mateusz Markiewicz]: "Unicité & perfection de Dieu"

La notion d’être qui était au cœur de mes réflexions de l’article précédent est celle qui est le point de départ pour parler de l’unicité divine, c’est-à-dire du fait qu’il n’y a et qu’il ne peut y avoir seulement un seul Dieu. Une religion qui croit en l’existence d’un seul Dieu porte le qualificatif de monothéiste et le christianisme en est une.
 Comprendre la foi catholique [chronique de l'abbé Mateusz Markiewicz]:

La dernière fois, l'on a attribué à Dieu la notion d’être suprême, un être qui est la source de tous les autres êtres sans n’en avoir aucune pour lui-même. Une telle compréhension de Dieu exclut par elle-même l’existence d’un deuxième Dieu, voire d’un nombre plus élevé des Dieux, car rien ne ferait différence entre eux. Tous étant l’être suprême, ils se confondraient dans la réalité et ne serait qu’un seul Dieu. Mais puisque cette explication peut être très sèche, il est bon de l’illustrer de quelques exemples.

Dans les religions polythéistes, les divinités prennent des traits très humains et souvent il y a une d’entre elles qui est la plus importante. Nous ne sommes donc pas face à une vraie égalité entre dieux et certains d’entre eux sont plus divins que les autres. Si on voulait diviser la divinité parmi plusieurs réalités distinctes, il faudrait les différencier et les priver de certains aspects divins. Mais à ce moment, aucun des dieux ne serait un vrai dieu, entendu comme la source de tout, la perfection même. Certaines perfections lui manqueraient et finalement, il n’y aurait plus aucun dieu suprême. D’autant plus si on s’imagine des dieux corporels, qui sont plutôt des versions améliorées à outrance des êtres humains. Pour la religion chrétienne, une telle vision est incompatible avec la nature spirituelle même de Dieu, qui exclut toute matérialité. Dieu n’a pas de corps. Et même quand on dit qu’Il est esprit, on ne pense pas à une matière très légère d’une certaine forme gazeuse. Aucune trace d’un corps quelconque en Dieu ! Dieu est simplement son être. Cet être étant au degré le plus élevé, maximal, il ne peut pas y en avoir un autre semblable.

De cette unicité divine découle sa perfection, car toute perfection est une forme de l’être. Dieu est donc parfaitement bon, parfaitement sage, parfaitement aimable. Rien ne Lui manque, Il se suffit à Lui-même. Mais comme la bonté veut se diffuser de manière très large et variée, Dieu donne de l’être à travers la création et le maintien de ses créatures. Dieu est par exemple la source des perfections que nous rencontrons dans notre monde : c’est Lui qui donne et maintient les talents des peintres, des musiciens, des scientifiques, des sportifs. Les qualités que nous possédons sont en effet les reflets de notre être, que nous recevons de Dieu. Certains en ont plus, certains en ont moins (sinon, il n’y aurait aucune différence entre nous, sauf la numérique). L’une des facettes de sa perfection est la toute-puissance divine. Dieu peut faire tout, mais tout ne peut pas être fait, mais de cela, on en parlera la prochaine fois.

Retrouvez la chronique n°1: "Je crois" en cliquant ici

Retrouvez la chronique n°2: "Le Symbole des Apôtres" en cliquant ici

Retrouver la chronique n°3: "Un seul Dieu"

Chroniques de l'abbé Mateusz Markiewicz, prêtre catholique, membre de l'Institut du Bon Pasteur.


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