Nos très chers maitres allemands sont trop bons

« Des pays comme la Pologne et la Hongrie doivent être affamés financièrement » tels ont été les propos de la vice-présidente allemande du Parlement européen Katarina Barley dans une interview accordée à la radio allemande Deutschalndfunk. Ses paroles imprudentes n’étaient destinées probablement qu'aux oreilles du très éclairé peuple allemand et non à celles des rustres Polonais ou Hongrois. Mais elles sont arrivées jusqu’à nous, les grossiers Polonais, et c’est devenu pour nous la meilleure définition de la conditionnalité de l'accès aux fonds européens au « soi-disant » respect de l'État de droit. Je dis « soi-disant », car il n'est nulle part défini, il est déterminé arbitrairement en fonction des besoins politiques.
Angela Merkel Nos très chers maitres allemands sont trop bons
Angela Merkel
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Ce n'est pas la faute des Polonais ou des Hongrois si les élites bruxelloises, la caste des castes, au service de l'intérêt national allemand revendiquent le droit de remettre en question les élections démocratiques des États-nations, à l'exception peut-être de l'État allemand. Nous n'avons pas d'influence sur ce fait. Ce sont plutôt ces élites qui influent sur nous via un certain nombre de médias, notamment allemands, agissant en Pologne, de partis politiques polonais accros à leurs bénédictions, ou un certain nombre d’ONG finançant quiconque remettant en cause l'ordre juridique ou le choix démocratique de la majorité des Polonais.

Bien sûr dans cette situation, il serait plus facile d'abandonner, de se rendre et d'assumer le rôle qui nous a été assigné. Le rôle d'une colonie étant à la fois un débouché pour les produits allemands et d'un réservoir de main-d'œuvre bon marché. Il est vrai qu’ils nous ont donné l'opportunité d'acheter des lessives allemandes (peut-être de moins bonne qualité qu'en Allemagne, mais dans des emballages de couleur similaire) et éventuellement de travailler sur l'assemblage de voitures allemandes. Personne ne nous affamerait. Nous aurions notre ration alimentaire, pas assez importante pour nous rendre fort, mais suffisante pour travailler.

Avec l'aide du mécanisme «fonds pour le soi-disant État de droit» et sous la menace de la «famine», nous serions correctement dressés, nous choisirions un gouvernement approprié, qui, collectant les caresses dans les salons européens, nous donnerait le sentiment que nous remplissons bien notre rôle de bétail domestiqué au politiquement correct, satisfait du fait que l’élite de son espèce puisse manger en son nom les restes des maitres européens.

Mais peut être voulons nous un autre sort pour nos enfants. Au moins le droit d’avoir nos propres intérêts. Parfois, cela coïncidera avec les intérêts des autres, parfois non. Au moins le droit de ne pas avoir le sentiment d’être pire que les jeunes Allemands ou Néerlandais. Cela a des conséquences.

Pour ce faire il est essentiel d’avoir un sentiment d’appartenance à une communauté. C’est que certains appellent par un terrible mot : le «patriotisme». Car seule une communauté consciente de ce qui la lie est capable d'articuler ses intérêts collectifs. Ceux qui voient un tel intérêt dans la communauté "européenne" ont malheureusement tort, car personne ne nous a assigné un "rôle européen", ils ne nous ont pas assigné, peut-être à quelques exceptions près, même le rôle de "vice-Allemands". Le rôle qui nous a été assigné a été décrit par la vice-présidente allemande du parlement européen Katarina Barley.

Pour cette raison, la seule façon de faire valoir nos intérêts est le sentiment de communauté, ayant un intérêt commun et essayant de le mettre en œuvre au sein de l’Union européenne, communauté plus large, dans laquelle nous nous trouvons, que cela nous plaise ou non aujourd'hui. En utilisant les moyens utilisés par d'autres, comme le veto. Nous ne sommes ni meilleurs ni pires que les Espagnols ou les Néerlandais. Le concept même de communauté européenne n'est pas mauvais et apporte bien sûr de nombreux avantages, mais sa conséquence ne peut être la liquidation effective de notre Nation.

Et que le Maitre Allemand soit énervé de notre véto dont il ne nous croyait pas capable, ce qu’ont largement rapporté ses médias, et alors ? Il lui reste peu de temps avant la fin de sa présidence de l’U.E.. Son échec ternirait son prestige et donc atteindrait son autorité. Aussi, le Seigneur allemand utilisera tous les moyens à sa disposition pour nous convaincre des terribles fléaux qui s’abattront sur nous, si nous n'acceptons pas ses bibelots et breloques, si nous refusons le chantage de Katarina Barley de nous affamer. Il y aura des articles alarmants dans les "principaux médias", il y aura des "nouvelles" effrayantes, il y aura des révolutions de rue et des scandales moraux. Ce sont leurs méthodes habituelles.
Est-ce un jeu risqué? Bien sûr, mais la politique est un jeu pour adultes. Et l'alternative est bien pire. Du moins à mon avis en tant que père de deux fils.

 


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